27.10.2008

LA FIAC OU LA VIE ?

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Ou de l’art de parler quand on a rien vu…


Il en va de l’actualité comme d’une envie de pisser. Le besoin pressant enfin satisfait, est aussitôt oublié. Ingratitude de notre mémoire sélective…

Quoique, certains d’entre vous se sont peut-être retenus jusqu’à plus soif le week-end des 25 et 26 octobre ?

De la cour carrée du Louvre en passant par le jardin des Tuileries, du Jeu de Paume à Art Élysées en bifurquant par l’Espace Cardin pour atterrir au Grand Palais ; Paris fêtait l’art contemporain dans l’idée de rivaliser avec les plus grandes foires internationales.

Des files d’attente interminables en ce dimanche matin ensoleillé certes, mais pas une seule pissotière en vue, pas la moindre officine du designer JC Decaux pour
se soulager de ses humeurs malignes…

« Art contemporain : Paris s’éclate. » titrait dès vendredi le journal Libération, apprêté (pour l’occasion ?) d’un costume en papier glacé, « un papier habituellement réservé aux magazines » précisait Laurent Joffrin dans son éditorial.
Soit l’accord subtil de l’encre d’imprimerie et la profondeur des noirs de l’annonce publicitaire de la maison Chanel partenaire de l’événement « collector ».

Mais pour « s ‘éclater », il fallait sans doute s’être muni de la carte sésame de journaliste ou du laissez-passer d’un grand collectionneur.
N’étant détenteur que du « laissez-passer, laissez-pisser» (véridique : vérifiez par vous mêmes) concocté l’année dernière par Annette Messager pour les adhérents du Centre Pompidou, je finis par me résoudre à l’évidence : on voulait me faire prendre des vessies pour ce que vous savez.

C’est qu’il fallait quand même débourser la somme modique de 25 euros sans compter les 15 euros de droit d’entrée à Art Élysées et je ne sais rien des tarifs du Show Off de l’Espace Cardin ou encore de la manifestation Slick inaugurée dans le même temps au Centquatre.

Récapitulons :
D’ici l’année prochaine, trois éventualités s’offrent à moi. Créer une gourde tendance multi-usage, prendre la succession de François Pinault ou réserver mon billet avant même le festival de Bayreuth…

En attendant de m’atteler à ce faisceau de bonnes résolutions, je décidais d’appliquer l’une des recettes prodiguées par Andy Warhol dans son livre « Ma philosophie de A à Z ». Ce fin connaisseur qu’il était en roublardise et autres mondanités (à ce propos, lire le livre de Hector Obalk chez Champs Flammarion) nous y invite à endosser le rôle de Little Big Man. Se promener dans Central Park les jours de pluie, faire ses courses de préférence vers minuit, bref aller là où l’événement ne se fait pas.

C’est ainsi que traçant ma route rue Royale, je me présentais à la Pinacothèque où il était possible de découvrir une étonnante exposition consacrée à Jackson Pollock et le chamanisme.
Passionnant cheminement de Pollock au cœur des civilisations dites primitives, quête picturale et philosophique d'un retour aux valeurs ancestrales en accord avec la nature, apothéose au travers du "driping" et du principe du "all over" quand les travaux antérieurs me paraissent encore inaboutis et sans doute trop emprunts de l'influence de André Masson.

Pourtant une autre découverte m'attendait...
Quelle ne fût pas ma stupéfaction, quand revigoré une heure et demi plus tard, j’avisais sur le parvis de l’église de La Madeleine une queue de visiteurs.
On m’expliqua que le trottoir jouxtant la Pinacothèque étant trop peu large, on les avait prié de faire ici le poireau comme de simples paroissiens…

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Coup d'oeil sur le Sial 2008

Nous sommes allés jouer nos curieux au SIAL, édition 2008, qui a ouvert ses portes le 19 octobre dernier. Après une journée de clics photographiques à travers les allées, de découvertes organoleptiques et de rencontres, une évidence s’est imposée : aujourd'hui, assiette et santé ne font plus qu’un.

Le lien entre alimentation et santé s’est en effet largement tissé au sein de nos pays développés. Du Japon en passant par la France et les Etats-Unis, aujourd’hui, la pression à la responsabilisation alimentaire de chacun se fait de plus en plus pressante, d’autant plus que les messages de spécialistes en nutrition sont clairs : la santé passe par l’assiette.

Oui, mais comment remplir cette fameuse assiette ?

Les Français, les Italiens et les Japonnais vous diront de jeter un coup d’œil à la traçabilité, à l’origine des produits. Le bio, l’écolo, les produits locaux ou issus de l’agriculture raisonnée qui sont naturellement riches en oméga 3, minéraux, vitamines, indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, les séduisent ! La fonction santé s’opère ici tout naturellement. Mère nature aura pris soin de tout.

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De leur côté, les anglosaxons seront davantage attentifs à la composition nutritionnelle des produits, à la teneur en acides gras essentiels, en protéines, DHA… Les packs s’ornent dès lors de macarons « Fat free », ou autres « Low in Suggar ». La fonction santé glisse vers une tendance « médicale » où l’origine s’efface au profit de la composition de l’aliment.

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Quelle que soit l’approche – « médicale » ou naturelle –, un point commun : le plaisir reprend ses droits. Hier antagonistes, plaisir et santé se marient cette année dans une multitude de produits… c’est la Gourmand’health !

23.10.2008

LA FAMILLE SURICATE OU SAVEZ-VOUS PARLER LE SINGE ?

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Billet d’humeur vacharde à propos du monde animal tel qu’il est vu par l’espèce humaine…


Parlez-vous aux petits oiseaux ? Votre meilleur ami est-il un faon ?
À moins que vous vous preniez pour Saint François d’Assise ou pour Blanche Neige et auquel cas consultez au plus vite un spécialiste, je parierai que non.

Je parierai que non quand bien même seriez-vous ventriloque, transformiste ou zoophile…

Durant la guerre, les gens n’y pipaient mot eux non plus, pourtant à l’époque, ils ont dû se nourrir d’un aliment affublé de l’étrange sobriquet de « singe ».
Association animalière indigeste qui désignait le fameux Corned-beef enfouit dans le paquetage réglementaire du soldat américain.

Rock’n’roll, Zippo, chewing-gum, Coca Cola et du courage à gogo dans sa besace sans oublier le chocolat et les cigarettes Lucky Strike. D’ailleurs qui a jamais vu le soldat Ryan prendre le risque insensé de distribuer du bœuf gélatineux aux populations démunies?

Bref, nous mangeons des bêtes mais nous sommes sans doute trop bêtes pour connaître leur langage.

Vous comprendrez alors mon étonnement quand, quittant les plages du débarquement, j’arpentais les couloirs du métro encore bombardés de nos jours, par des nuées d’affiches publicitaires.

Entre la promotion d’une pizza gourmande dont vous me direz des nouvelles si vous la croisez vers 8 h du matin, un parfum pour messieurs fringants et le décolleté d’une dame me vantant un épluche-légumes, je tombais en arrêt devant une affiche de cinéma : LA FAMILLE SURICATE.

Ô charme et innocence du monde animalier orné d’un petit joyau de signature :
« Une famille comme la vôtre ».
Sur un décor de Savane nimbé de tons sépias et douceâtres, voici le papa, la maman et leur couvée d’angelots à poil long.

- Une famille comme la mienne ? Me demandais-je justement un poil décontenancé.
Je dénombre alors 5 bambins quand je ne suis le père que d’un seul, en quoi il ne me semble pas être une énigme aux yeux de notre époque urbaine et contemporaine.

- Quel idiot je fais ! Les animaux, c’est bien connu, se reproduisent comme des lapins.

Mais autre chose me met la puce à l’oreille... Regardez de plus près, je vous prie, la répartition des rôles au sein de cette famille « comme la vôtre ».
Le père s’est dressé sur son séant comme pour me rappeler mon état de bipède. Il domine son petit monde, la posture aux aguets du protecteur vigilant quand la mère légèrement recroquevillée materne d’amour et de réconfort sa progéniture.

- Quel imbécile je fais ! Tout ceci ne saurait être autre chose qu’une parabole. Une douce mélopée archétypale à faire frémir d’aise Carl Gustav Jung et ses disciples.

Il n’y a que les animaux et mes grands parents qui ont fait la guerre pour se comporter de la sorte…

Ô discours à tiroirs des images communiquantes, d’autres plus méchants et plus bêtas que moi auraient déjà lâchés les Chiennes de Garde !


Ceux parmi vous qui auront vus le film m’en diront peut-être grand bien et pourquoi pas ! Je ne comptais pas tirer de conclusions hâtives à propos d’un film que je n’ai pas vu pour ma part mais j’espérais attirer votre attention sur son support de communication.
Les documentaires animaliers font florès ces derniers temps et c’est tant mieux si certains d’entre eux résistent un tant soit peu à l’ouragan de l’entertainment disneyien (j’assume ce néologisme barbare).

Cependant, je crois que le monde animal n’a pas grand chose à voir avec ce type de narration surfant sur la mode du « Storytelling ». Vanité du genre Homo sapiens sapiens qui voudrait assujettir la compréhension du monde à la seule lueur de son regard.

- Quel crétin je fais ! J’ai compris, la Famille Suricate c’est la Famille Ingalls…

André Houllier
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20.10.2008

Les 100 ans du futurisme au Centre Pompidou.

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À grandes institutions, grands chantiers. Le Centre Pompidou répond à l’appel à l’occasion du centenaire (1909) de la publication du « Manifeste du Futurisme » du poète italien F. T. Marinetti.
Pour relever ce défi en « isme », rien de moins que 200 œuvres et une kyrielle de documents et de témoignages historiques et médiatiques. Sur ce point, saluons le commissaire de l’exposition Didier Ottinger en faisant la promotion de son excellent livre « Nom d’une pipe ! ou comment Magritte rêva d’expédier Hegel en vacances » L’Échoppe – 2007. Mais ceci… est une autre histoire !


Parmi les œuvres présentées, certaines d’entre elles méritent selon moi que l’on fasse l’effort de s’immerger dans un espace temps intime et subjectif nommé : contemplation.
Ainsi, pour approcher des yeux et du cœur « La Dryade » (1908) de Pablo Picasso ou encore pour le plaisir de taquiner le « Nu descendant l’escalier n°2 » (1912) de Marcel Duchamp en glanant du regard les petites inflexions graphiques et bédéistes (les amateurs de bandes dessinées me pardonnent ce néologisme) en forme d’arc de cercle qui ponctuent le tableau. Autant de signes qui désignent bien plus qu’ils n’insufflent la vie à une action qui pourrait se résumer à la décomposition d’un mouvement à l’arrêt dans un espace à deux dimensions.

Dans ce sens, bon nombre des œuvres signées par les artistes futuristes italiens me semblent très inégales. Où Duchamp peaufine son œuvre en fin stratège (grand amateur du jeu d’échecs et illustrateur, caricaturiste à ses débuts), les autres semblent convaincus de la pertinence à transcrire l’essence volatile d’un mouvement dans le suc figé de la matière picturale.
S’il est vrai qu’au cinéma, c’est l’économie des mots prononcés qui donne le plus la sensation du parlant ; en peinture la sensation du mouvement ne passe pas par sa décomposition fractale. À ce sujet, voir et revoir les travaux des ancêtres du cinématographe comme Étienne Jules Marey ou E. Muybridge qui bien avant les futuristes, se sont ingéniés à comprendre le mouvement, non au moyen de la peinture mais au travers de la photographie, en décomposant celui-ci image par image, image APRÈS image.

Sans oublier la facture qui caractérise la plupart de ces tableaux, c’est à dire, une touche néo pointilliste disposée systématiquement qui s’apparente tout au plus à un quelconque effet d’optique cinétique.


Pour mieux juger du fossé qui sépare les consignes de Marinetti de leur interprétation picturale, je vous suggère de lire le « Manifeste » publié à la une du Figaro en 1909 et les diverses coupures de journaux qui l’accompagnent. Il s’agira de vous embarquer dans un minutieux travail de déchiffrage et si votre vue n’a pas baissée vous conviendrez que c’est bien notre époque toute entière qui a la vue qui baisse ! Car au début du XXe siècle, la presse encore abondamment lue, composait ses textes dans d’étroites colonnes ornées d’un caractère typographique de petite taille (corps 8 environ)…

Enfin, ne manquez pas de lire (dans de meilleures conditions cette fois) le « Manifeste » de Valentine de St Point en salle 5, sa revendication de la luxure figure le point d’orgue édifiant et sulfureux de la pensée futuriste dans sa version française.

Apologie du mouvement associé à la vitesse et à la toute puissance présumée de la technologie. Envolées lyriques adressées à la virilité et à la brutalité pour exalter les vertus de la guerre. Négation de l’héritage des anciens et appel à la destruction par le feu des musées et des bibliothèques, etc…

L’acharnement que recèle les écrits d’un Marinetti ou d’une St Point traduit une volonté farouche de renverser le vieux monde avec ce qui fera la signature de la plupart des avant-gardes qui succéderont au futurisme : la provocation.
Une fougue nihiliste dont l’histoire nous apprendra plus tard qu’elle inspirera de près le fascisme de Mussolini.
Pourtant à la différence des Dadaïstes dont la créativité l’emporte de très loin sur le seul phénomène de subversion, les peintres italiens futuristes me semblent bien décevants quant à leur manque d’aptitude à réinventer leur médium.

Ce sont les musées, ceux-là mêmes qu’ils vouaient aux flammes, qui aujourd’hui en témoignent…

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19:50 Ecrit par André HOUILLE dans Tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : futurisme, exposition, marinetti, ottinger

13.10.2008

Andrea Mantegna le jour du Seigneur...

Qu’on se rassure point de prosélytisme dans ce billet d’humeur. Une accroche tout au plus car question jeux de mots et foi d’Andrea, Bobby Lapointe lui, en connaît un rayon…

Je ne sais quel conservateur de musée ou pédagogue avisé déclarait dans Beaux Arts magazine : « Si vous n’avez pas emmené un enfant au musée avant l’âge de 7 ans, il n’y mettra jamais les pieds. »

Ployant sous la charge de notre irresponsabilité parentale, nous décidons sans plus attendre, femme et enfant, de nous rendre au Louvre. Nous optons pour le dimanche matin du 12 octobre, dès l’ouverture, confiants en l’idée que les uns feraient grasse matinée ou s’époumoneraient au grand air quand d’autres s’acquitteraient de l‘office de leur convenance.

Je vous entend ricaner, ô lecteur de la toile ! En effet, c’était oublier un peu vite la mondiale renommée de ce temple des arts et les 75% de touristes qui viennent y sacrifier. Une statistiques des plus sérieuse rapportée par un conservateur des peintures du Louvre qui voudra bien m’excuser d’avoir oublié son nom. Caractéristique comportementale analysée, il s’avère que ces visiteurs, en groupe, en grappe et en foultitude parcourent au pas de charge les quelques kilomètres de cimaises quêtant fiévreusement la pause salutaire qui les attend devant l’écrin blindé du « plus beau tableau du monde ».
Sur ce point, j’affirme que Marcel Duchamp avait tort car il est ainsi démontré que ce n’est pas elle qui « L.H.O.O.Q. » mais bien ses inconditionnels dont il serait intéressant d’étudier de plus près en quoi « le regardant fait l’œuvre » toujours pour paraphraser « Duche ». (Pas de familiarité de ma part, je vous renvois à ce propos au livre passionnant de Bernard Marcadé concernant Marcel Duchamp.)

Mais revenons à l’exposition Mantegna dont nous franchissons les portes après nous être acquittés de la somme 19 euros. Ceux qui l’auront visitée en nocturne auront sans doute appréciés l’intimité du dispositif scénique de cette exposition. Lumières tamisées, murs peints de couleurs douces comme ce vert d’eau par exemple, pour rompre avec le blanc muséal, couloirs étroits (largeur maximale d’environ 4 mètres) débouchant en clairière sur des salles un peu plus vastes en réponse à l’aura de certaines peintures. Le minimum de recul souhaitable pour apprécier le sculptural Saint Sébastien dépouillé des ors encombrants de son encadrement, sans manquer à l’appel irrésistible des deux archers aux rudes faciès décapités par le bord inférieur droit du tableau.

Pourtant cette description doit à peu près tout à une mémoire bien antérieure à ce dimanche matin du 12 octobre. Car à cet instant, la contemplation avait fait place au spectacle d’un incommensurable embouteillage. À quand un GPS distribué gratuitement pour localiser la Joconde ?... Las, parcourant les têtes dégarnies, les cheveux luisants de gel, on en serait presque venu à bénir notre époque où le couvre-chef semble être tombé en désuétude…

Luttant du soupir et des épaules tel un Courbet, il était possible d’entrevoir un dessin de Léonard mais point de dialogue des yeux et du cœur avec l’image sagement étrangère à cette pagaille bariolée. À force de persévérance et de genoux flexions, les enfants happés par les bras de leurs parents pouvaient espérer profiter un court instant du panorama quand d’autres en bas âge poussaient des hurlements comme si les branches d’un arbre se refusaient à eux, faisant en ce sens preuve d’une grande lucidité…


Entendons-nous, ce témoignage n’a pas vocation à stygmatiser les touristes qui veulent bien se délester de leurs devises en notre beau pays, pas plus que les parents soucieux de leur progéniture qui font tant bien que mal avec les rythmes effrénés de leurs emplois du temps. Si je fais ici, l’économie (il en est question !) de ce que j’espère avoir été perçu comme de l’humour, c’est que je crois qu’il y aurait quelques raisons à s’interroger sur le processus des évènements culturels et leurs déploiements à grands frais médiatiques quand dans le même temps il devient impossible d’approcher de près comme de loin les œuvres. Sans pour autant adhérer en bloc aux propos de Jean Clair force m’est de leur reconnaître une réelle acuité. Car ouvrir les musées au plus grand nombre certes, mais dans quelles conditions et pour en retenir quoi ?

Bien cordialement,
André Houllier

http://www.oeuvre1visible.org

12:40 Ecrit par André HOUILLE dans promenade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

08.10.2008

La "recomposition du monde" passe par la crise financière...

La crise financière concentre les caractéristiques clés de notre époque : globalisation du monde et effet domino de la crise, dématérialisation et virtualité de l'argent, hyper-médiatisation, hypervitesse et hypervolatilité des cours, peopolisation du phénomène et amplification de l'émotionnel (la bourse heure après heure en live), effets d'annonce qui peut ressembler à de la désinformation ("c'est catastrophique"... "mais non ce n'est pas si grave..."), perte de confiance généralisée, perte de sens et des repères traditionnels et appel à définir une nouvelle morale de l'argent... (Hubert de Vauplane- Philosophie magazine octobre 2008)...

Les commentaires des chroniqueurs économiques et traders interrogés aujourd'hui par le journal le Monde semble acter que la "recomposition du monde" dont nous parlons dans notre Carnet de tendances est en marche, celle-ci signifie recomposition des identités géo-politiques et économiques sur fond de crise du modèle de développement capitaliste des sociétés occidentales ... Cette recomposition du monde semble passer par la crise financière et la "refondation" du capitalisme... mais il semble que personne ne sache vraiment le visage qu'aura le monde après la tempête boursière, alors que les traders pensent à leur reconversion ...

Quelques morceaux choisis:

"L'impression générale est que nous sommes entrés dans un grand chaos, une sorte de fin d'époque et que plus rien ne sera jamais comme avant. Les bureaux se vident, les visages sont livides et prennent des rides. Toute action est un bide. La grande machine à faire de l'argent s'est grippée. Les modèles ne marchent plus" Samuel Gaston

"Ce qui est nouveau, c'est que toutes les règles volent en éclat : il faut revoir toutes nos stratégies"...Christophe Ange

"Ce qui m'impressionne le plus depuis le début de cette crise, ce ne sont pas tant les mouvements du marché (il y en a eu d'autres) mais bien l'énorme crise de confiance dont souffrent les banques, c'est le système complet qui se retrouve mis en question". Christophe Ange

"Le monde ira-t-il mieux après ? Je ne peux que l'espérer... Cependant, avant de s'en prendre aux traders, il faut voir que le système global était contraignant,Il était impossible, sans perdre son job, de garder une quelconque éthique et de garder un quelconque sens des réalités". Christophe Ange

"La première remarque serait que les marchés surprennent par la violence de leurs mouvements et sont donc éreintants. La volatilité impose de passer à des échelles de temps très rapides en marge, voire au dehors de la "zone de confort" à laquelle on est habitués". Simplet

"Dans ce contexte, on comprend toute la pertinence de l'analyse économique de Jim Rogers dans "Hot Commodities" ou il entrevoit le passage entre une domination américaine à la chinoise dans les dix prochaines années"
. Franck Pradier

Notre époque marquée par la civilisation de l'image et du virtuel est à la recherche de sensations, "le grand frisson" a emporté le système financier et a allumé le feu... mais j'ai peur que Super Pompier soit resté coincé dans Second Life...

18:01 Ecrit par Sylvie POUILLY dans Tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Picasso et les maîtres

Cette exposition qui s'annonce grande par sa forme en triptyque (pas moins que les musées d'Orsay, du Louvre et du Grand Palais réunis), par la qualité incontestée à notre époque des o+euvres accrochées aux cimaises, par encore la fougue et la presque arrogance de la commissaire d'exposition et conservateur du musée Picasso Anne Baldassari, sans omettre bien sûr l'affluence estimée des files d'attente comme d'ors et déjà record.

Pourtant ce n'est pas la notion d'évènement ou la dimension iconique de l'artiste ou encore l'invitation faite à Daniel Buren qui qualifie son intervention d'irrévérencieuse qui retiennent mon attention.

Peindre selon Picasso, c'est aussi faire o+euvre de mémoire, art de l'orateur qui dès l'Antiquité habille les mots qui jaillissent de ses lèvres d'une image à retenir, une image localisée au sein d'un lieu propre à son imaginaire. Acter par le souvenir c'est à dire, conjuguer les temps du présent.

En ce sens, Picasso me semble être un héritier de la pensée de Charles Baudelaire qui dans son Salon de 1846 écrivait : " J'ai déjà remarqué, que le souvenir était le grand criterium de l'art : l'art est une mnémotechnie du beau."

Aussi, certaines o+euvres deviennent majeures en tant que d'autres artistes sauront aussi s'en emparer pour activer leur souvenir, non par le plagiat ou la seule citation mais par leur capacité à réinventer celles-ci. Edouard Manet qui inspirera Picasso ne manque pas d'évoquer des maîtres de la Renaissance tels que Raphaël (un détail de son Jugement de Pâris gravé par Marcantonio Raimondi est repris au centre du tableau Le Déjeuner sur l'Herbe). Je vous renvois à ce propos, au livre du théoricien de l'art Hal Foster ("Design & Crime" Ed. Les Prairies Ordinaires).

Pour ma part, je compte bien aller (tenter) voir cette exposition affamé par le fumet auratique et médiatique. Suite séquencielle étourdissante de noms communs, épouvantails de lumière sans cesse revenus des limbes de l'histoire de l'art de l'Occident : Rembrandt, Velasquez, Manet, Picasso...

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17:39 Ecrit par André HOUILLE dans promenade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

06.10.2008

"a girl with a gun"...

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Peu avant de recevoir le coup de poing au ventre qui allait le terrasser, Robert Houdini assista à une séance de théâtre-cinématographique au Gaumont Palace, la salle la plus grande du monde qui comptait 3400 places en 1910.

Léon Gaumont et ses associés Gustave Eiffel, Joseph Vallot et Alfred Besnier avaient très tôt anticipé que le cinéma deviendrait une industrie du divertissement.

"A movie, it's a girl with a gun." déclara des années plus tard Irving Tahlberg, censeur et maître absolu de la production à la Metro-Goldwyn-Mayer. Une pensée depuis rapportée par la voix off armée d'un cigare de Jean-Luc Godard, inspirant, expirant et bouffant dans ses histoires du cinéma.

"Art gratia artis." (L'art est la récompense de l'art) telle était la devise du studio américain. Fameuse ou fumeuse théorie de l'impact de l'image en mouvement sur les masses, car selon les uns rien que de plus salutaire pour l'esprit que de le divertir quand pour d'autres il n'y aurait là que manipulation et engourdissement neuronal...
Peu au fait de ces querelles manichéennes, Houdini fut extrèmement déçu car il ne trouva pas le film à son goût.
"Et ils appellent ça de la magie!" lâcha t-il dégouté à sa compagne qui d'amante était devenue une confidente. Puis ils s'en furent, l'une retrouver son garni, l'autre ad patres. À l'arrêt ou en mouvement, une image ne saurait arrêter le temps, le distendre tout au plus.

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16:30 Ecrit par André HOUILLE dans promenade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinématographe, story telling

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