27.10.2008
LA FIAC OU LA VIE ?
Ou de l’art de parler quand on a rien vu…
Il en va de l’actualité comme d’une envie de pisser. Le besoin pressant enfin satisfait, est aussitôt oublié. Ingratitude de notre mémoire sélective…
Quoique, certains d’entre vous se sont peut-être retenus jusqu’à plus soif le week-end des 25 et 26 octobre ?
De la cour carrée du Louvre en passant par le jardin des Tuileries, du Jeu de Paume à Art Élysées en bifurquant par l’Espace Cardin pour atterrir au Grand Palais ; Paris fêtait l’art contemporain dans l’idée de rivaliser avec les plus grandes foires internationales.
Des files d’attente interminables en ce dimanche matin ensoleillé certes, mais pas une seule pissotière en vue, pas la moindre officine du designer JC Decaux pour
se soulager de ses humeurs malignes…
« Art contemporain : Paris s’éclate. » titrait dès vendredi le journal Libération, apprêté (pour l’occasion ?) d’un costume en papier glacé, « un papier habituellement réservé aux magazines » précisait Laurent Joffrin dans son éditorial.
Soit l’accord subtil de l’encre d’imprimerie et la profondeur des noirs de l’annonce publicitaire de la maison Chanel partenaire de l’événement « collector ».
Mais pour « s ‘éclater », il fallait sans doute s’être muni de la carte sésame de journaliste ou du laissez-passer d’un grand collectionneur.
N’étant détenteur que du « laissez-passer, laissez-pisser» (véridique : vérifiez par vous mêmes) concocté l’année dernière par Annette Messager pour les adhérents du Centre Pompidou, je finis par me résoudre à l’évidence : on voulait me faire prendre des vessies pour ce que vous savez.
C’est qu’il fallait quand même débourser la somme modique de 25 euros sans compter les 15 euros de droit d’entrée à Art Élysées et je ne sais rien des tarifs du Show Off de l’Espace Cardin ou encore de la manifestation Slick inaugurée dans le même temps au Centquatre.
Récapitulons :
D’ici l’année prochaine, trois éventualités s’offrent à moi. Créer une gourde tendance multi-usage, prendre la succession de François Pinault ou réserver mon billet avant même le festival de Bayreuth…
En attendant de m’atteler à ce faisceau de bonnes résolutions, je décidais d’appliquer l’une des recettes prodiguées par Andy Warhol dans son livre « Ma philosophie de A à Z ». Ce fin connaisseur qu’il était en roublardise et autres mondanités (à ce propos, lire le livre de Hector Obalk chez Champs Flammarion) nous y invite à endosser le rôle de Little Big Man. Se promener dans Central Park les jours de pluie, faire ses courses de préférence vers minuit, bref aller là où l’événement ne se fait pas.
C’est ainsi que traçant ma route rue Royale, je me présentais à la Pinacothèque où il était possible de découvrir une étonnante exposition consacrée à Jackson Pollock et le chamanisme.
Passionnant cheminement de Pollock au cœur des civilisations dites primitives, quête picturale et philosophique d'un retour aux valeurs ancestrales en accord avec la nature, apothéose au travers du "driping" et du principe du "all over" quand les travaux antérieurs me paraissent encore inaboutis et sans doute trop emprunts de l'influence de André Masson.
Pourtant une autre découverte m'attendait...
Quelle ne fût pas ma stupéfaction, quand revigoré une heure et demi plus tard, j’avisais sur le parvis de l’église de La Madeleine une queue de visiteurs.
On m’expliqua que le trottoir jouxtant la Pinacothèque étant trop peu large, on les avait prié de faire ici le poireau comme de simples paroissiens…
oeuvre1visible
20:11 Ecrit par André HOUILLE dans promenade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fiac, pollock, expositions, art contemporain

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